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11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 22:43

« Le Point sur Robert »

 

fabrice-luchini-web.jpgThéâtre de la Gaîté-Montparnasse,

du mardi au samedi à 20 heures,

matinées le samedi à 17 heures et le dimanche à 15 h 30

 

Avec : Fabrice Luchini

Variations sur Paul Valéry, Roland Barthes, Chrétien de Troyes, Molière… et ses propres textes

Voir la critique de Betty Rose pour les Trois Coups

 

Recueilli par

Les Trois Coups


Théâtre de la Gaîté-Montparnasse • 26, rue de la Gaîté • 75014 Paris

Location du lundi au samedi de 11 h à 19 h : 01 43 22 16 18

Tarifs : 40 € | 30 € | 15 €

infogaite@wanadoo.fr

www.gaite.com

Métro : Gaîté ou Edgar-Quinet

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commentaires

R
Je ne pourrais pas donner un avis objectif du tout, car ce spectacle m'a simplement projetée dans une sublime petite bulle. Mais voici ce que je sens dans cette bulle....<br /> Je reviens juste du spectacle Le Point sur Robert......n'importe qui à la sortie aurai juré que j'avais bu ! J'étais litteralement ivre de joie ! Déjà grande admiratrice de ces films, je ne m'attendais pas à ce que le fait de voir " la Luchinia " ( comme le disait les folles dans son salon de coiffure ) sur scène, là, en live, à juste 2m de moi, me ferait un tel effet. <br /> Je rentre dans la salle, je m'asseois, je commence à avoir des frissons d'excitation, les minutes sont horriblement loooongues.....puis, on me touche doucement le bras." Excusez-moi...BONsoir !". <br /> Sourire-houragan.<br /> Je me glace alors dans une extase pathétique mais ab-so-lue, alors que ce petit génie, derrière moi depuis un bout de temps, caché, se glisse parmis les fauteuils jusqu'à la scène.<br /> J'ai ri jusqu'à faire rire mes voisins, j'ai pleuré d'admiration sur Céline et Rimbaud, et je m'impregnait, chaque seconde, de l'atmosphère qu'apportait Luchini, tantôt dramatiquement touchante, tantôt morribonde, agacant, distingué, insolent à souhait, comme je les aimes..... parfait. Je sais qu'il peut taper sur les nerfs de certaines personnes, soit trop délicates, soit exigeantes, quelque part, il lui arrive d'en faire trop, tonnes sur tonnes..... mais je n'arrive pas à ne pas l'aimer, lui, sa tête d'enfant inoccent et son personnage arrogant et narquois. Il n'y en aura pas un autre comme lui, je vous l'assure. Profitez, alors, que diable !!!
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C
Il est entré sur la scène avec une modestie un peu scénarisée, un petittas de livres sous le bras, qu'il a déposés sur une table en boiscentrée sur le devant de la scène, le visage faussement crispé, le dosfaussement courbé. Muet, le public est déjà mort, atomisé et remboursédeux fois.Il a ôté une veste en laine noire. (Il portait autrement un t-shirt etun jean noirs plutôt délavés. On les aurait dit presque poussiéreux vusde la corbeille centrale) Puis il a commencé à parler. Il a annoncé envieux professeur, d'une voix calme et presque sensuelle, et modeste, quenous allions commencer par lire Valéry, puis Barthes puis que nousterminerions par Molière. Le théâtre est plutôt petit, nous sommes ensemble autour de lui, tousassez proches; la salle comble, mais pas un souffle : à l'unisson pourpas un bruit. Nous aurions voulu le théâtre plus petit encore, et êtretous, à nous cent, assis à sa même petite table, en face de lui, avec dequoi écrire, se partageant le même verre d’eau. Il y avaitindéniablement des notes à prendre sur Barthes et Valéry. Nous luttionspour retenir par coeur les phrases. Nous dédoublions nos cerveaux pourretenir et contempler. Heureusement, il ravivait régulièrement, par desubtiles relances, les phrases essentielles pour nous en imprégner.Alors un silence tactile nous prenait, que la diction, la structure, lafantaisie perfectionnait et justifiait. Il a joué longtemps avec ses lunettes qu'il n'a jamais portées, atripoté des papiers et déplacé des livres avant de commencer. Il araconté sa rencontre avec Barthes (et les cours magistraux bondés qu’ildonnait le dimanche matin), puis ses débuts chez Rohmer dans Perceval deGallois; il a parlé avec émotion et sincérité de son admiration pourValéry et du goût pour la poésie qu’il a su éveiller en lui. Il a jouéChrysalde. Tout se déliait dans une parfaite effusion. La moindreallusion en faisait naitre une nouvelle et les références semultipliaient, papillonaient. On soupçonnait une improvisationfoisonnante, presque compulsive.Il fait un spectacle vivant et d'une exquise justesse, apostrophe lespectateur, dialogue avec lui, l'initie. Il joue avec nous et joue avecson jeu, dans des dimensions surprenantes et une régularité de maître.La virtuosité des textes et du jeu nous rend intimes dans son intimité,nous fige derrière une vitrine ou derrière un pupitre. Nous sommes sortis émerveillés mais un peu honteux de ne pas êtrecapable de restituer mot par mot les phrases qui nous ont touchées, maisconquis, avec l'envie le soir même, (une idée chère à Valéry), de relire...
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