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Par Les Trois Coups
Quand la tradition
devient moderne
Par Jean-François Picaut
Les Trois Coups.com
Le groupe Chet Nuneta a changé de personnel, depuis dix ans qu’il existe, mais l’esprit reste le même. Son nouvel album, « Pangea », continue d’explorer des traditions musicales diverses en les passant au filtre de sa sensibilité et de son imagination. Il faut le suivre dans ses pérégrinations hautes en couleur.
Chet Nuneta | © F. Chapotat
Trois chanteuses (Juliette Roussille, Daphné Clouzeau et Valérie Gardou) portèrent sur les fonts baptismaux le groupe Chet Nuneta, anagramme partiel de leur premier trio polyphonique a capella, Les Enchantêtues. Seule la première nommée se retrouve dans le nouveau Chet Nuneta et son Pangea. On y retrouve aussi Lilia Ruocco (voix) et Michaël Fernandez (percussions diverses et sample), déjà collaborateurs du premier album, Ailleurs, dont on annonce la réédition. Le quintette est complété par Béatriz Salmerón-Martín (voix) et Fouad Achkir (voix).
Pangea, c’est un voyage musical, imaginaire et ethnographique, qui nous conduit chez les Komis, un peuple de la Fédération de Russie proche des Finnois et des Estoniens, en Moldavie, en Andalousie, à l’île Maurice, en Espagne, en Bulgarie, et nous convie à revisiter la tradition sépharade ou celle des Roms, une des composantes des Tsiganes, etc.
Fidèle à sa philosophie coutumière, Chet Nuneta refuse de s’enfermer dans une fidélité à la lettre, mais choisit délibérément l’esprit du métissage, n’hésitant pas à réécrire. Aussi trouve-t-on les noms des musiciens au crédit de la composition pour de nombreux titres. La palme en ce domaine revient à Juliette Roussille, peut-être par droit d’aînesse dans le groupe, mais plus sûrement du fait de sa formation anthropologique. Le fait est qu’elle a la plume heureuse, mais tous les membres du quintette ont contribué aux arrangements.
Le résultat est plutôt réjouissant. On retient bien sûr le beau travail de polyphonie, et c’est un régal de distinguer derrière l’ensemble le timbre spécifique de chaque voix. Comme dans le premier album, ces voix sont essentiellement soutenues par des percussions, chaque chanteur joue d’ailleurs de petits instruments percussifs. Il faut y ajouter la guitare de Juliette Roussille, et Michaël Fernandez joue aussi du gembri (la graphie varie), instrument typique des Gnawa, et de la lyre. L’album, à l’allure à la fois familière et dépaysante, emporte l’adhésion par sa vivacité, sa fraîcheur et l’énergie qui s’en dégage. On sent un vrai plaisir de jouer ensemble qui est encore plus sensible sur les vidéogrammes disponibles. À n’en pas douter, s’il est agréable de savourer Pangea dans son salon, Chet Nuneta est un groupe qu’il faut voir sur scène.
Animé de la force vitale du dieu Pan, gros de toutes les possibilités de Gaïa, la Terre-Mère ou le Supercontinent, le continent primordial, mythique et perdu, Pangea par la grâce de Chet Nuneta n’a pas fini de nous faire voyager et rêver. ¶
Jean-François Picaut
Pangea, de Chet Nuneta
Un album Mon slip / Le Chant du monde
Site : www.lechantdumonde.com
Contact scène : info@troisquatre.com
Avec : Juliette Roussille, Lilia Ruocco, Béatriz Salmerón-Martín, Fouad Achkir et Mickaël Fernandez
Prochaines dates :
• 18 septembre 2011 à Marciac (Gers)
• 2 octobre 2011 à Cauterets (Hautes-Pyrénées)
• 8 octobre 2011 à Aubenas (Ardèche)
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