Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par LES TROIS COUPS
« Le Jour où Nina Simone a cessé
de chanter »
De Darina Al Joundi
Avec la complicité de Mohamed Kacimi
Théâtre des Halles
Chapelle Sainte-Claire, 11 h
Off du 6 au 28 juillet 2007
Cie Noun/Théâtre des Halles
Relâche le 14 juillet 2007
Durée : 1 h 10
Mise en scène, scénographie : Alain Timar
Avec : Darina Al Joundi
Lumière et son : Hugues Le Chevrel
Décor : Théâtre des Halles
Costumes : Marie-Hélène Bouvet
Attachée de production : Christine Taniga-Smith
Coproduction : Cie Noun et Théâtre des Halles
À l’âge de huit ans, Darina Al Joundi a commencé à jouer. Depuis, elle ne cesse de passer devant et derrière la caméra.
Malgré les années de guerre, ses ambitions ne se sont pas limitées au Liban : elle a travaillé dans tout le monde arabe et dans des coproductions arabo-européennes.
Elle est passée du théâtre à la télévision, de la radio au cinéma. Sa passion pour le cinéma l’a emmenée dans une expérience de promotion d’un cinéma différent au Moyen-Orient, grâce à sa participation dans la maison de distribution et de production Crystal Films. Mais surtout, elle reste une comédienne qui cherche et qui n’hésite pas à prendre des risques.
Dans un village du Liban du sud, le soir des funérailles de son père, Noun coupe le son des psalmodies du Coran qui accompagnent obligatoirement cette cérémonie. L’acte provoque un grand scandale dans sa famille. Noun décide de s’enfermer à double tour avec son père pour lui dire ce qu’elle a sur le cœur, lui rappeler toutes les leçons de libertés qu’il lui a données. Noun est libre face à la mort, mais une simple porte la sépare d’un monde hostile…
Enfant de toutes les guerres du Liban, Darina Al Joundi a brûlé son enfance et sa jeunesse à Beyrouth, ville de tous les excès, qui abuse de la mort comme de l’amour. Ville aussi de toutes les illusions, derrière ses façades réelles de liberté, de révolte, de fêtes et de beuveries, se cache une société conservatrice à l’affût du moindre écart de chaque individu.
Beyrouth est une ville de l’exhibition où l’on ne survit que si l’on se dérobe au regard des autres.
Darina a traversé, à son corps défendant, les nuits de Beyrouth. Elle a vécu de près et dans sa propre chair l’exclusion dont peut faire preuve cette société conservatrice et féodale, qui n’hésite pas à exclure et à bannir quiconque enfreint l’espace du religieux. Surtout quand la liberté est prise par une femme, sachant que la femme reste une langue étrangère dans le monde arabe.
Au Liban, on peut s’affranchir de tout sauf de Dieu. Darina Al Joundi a fait cette expérience des limites. Elle en ressort brûlée mais libre, avec ce texte de feu et de folie.
Mohamed Kacimi
Recueilli par
Les Trois Coups
Théâtre des Halles • 4, rue Noël-Biret • 84000 Avignon
Entrée du public rue du Roi René • Avignon
Renseignements : 04 90 85 52 57
Télécopie : 04 90 82 95 43
Réservations : 04 32 76 24 51
fnac : 08 92 68 36 22
Tarifs de 6 € à 20 €
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