Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par LES TROIS COUPS
Jubilatoire !
Personnage légendaire, emblématique libertin, infidèle et blasphémateur Dom Juan enlève Doña Elvire d’un couvent en lui promettant de l’épouser, puis l’abandonne sans remords. Ce n’est malheureusement pas la première femme qu’il déshonore ainsi. Dom Juan, c’est le thème éternel de la séduction et la transgression de toutes les règles sociales. Les inimitiés, que le comportement de cet homme favorise, l’attirent dans des duels, mais il ne se dérobe pas, fier d’assumer ses convictions. Rien ne l’arrête, ni son dévoué valet Sganarelle, ni son père qu’il affronte avec cynisme, insolence et hypocrisie, ni même la manifestation de forces surnaturelles qu’il défie jusqu’aux portes de l’enfer.
Les platanes séculaires de la cour d’honneur de la faculté des sciences s’accommodent fort bien de la présence des Asphodèles. Je ne parle pas ici de plantes, mais de la créative compagnie de théâtre lyonnaise. Le décor aussi semble être dressé depuis longtemps, avec son praticable en bois, son porche et son balcon de saltimbanques. Les comédiens se présentent à nous dans leurs costumes d’époque bien avant le début de la représentation, spectateurs et comédiens s’observent mutuellement, la pièce n’a pas débuté, mais le jeu a commencé et nous en sommes déjà complices. L’humeur est là et ne quittera aucun des sept comédiens jusqu’à la fin. Le parti pris osé de la mise en scène, au delà de la mise en abyme et de ses parenthèses, qui ajoutent une distanciation propice à la force du discours, ne sera pas décrit davantage ici, afin d’en préserver la surprise. De même, la statue du Commandeur, sans en dévoiler l’originalité, est plus vivante que dans toute autre représentation de Dom Juan. J’ai juste regretté l’ellipse de la scène du père, que la narration ne comble pas.
La mise en lumières est soignée et sert le spectacle, le réglage des scènes de combat témoigne d’une volonté d’exigence rare.
Les comédiens sont tous à saluer : un Dom Juan flamboyant, Elvire tragique, Gusman habité, Charlotte tout en naïveté et espièglerie, Monsieur Dimanche fort drôle et Sganarelle émouvant jusqu’à la dernière réplique : « Mes gages, mes gages, mes gages ! ».
Coup de chapeau au metteur en scène Luca Franceschi.
Un Dom Juan jubilatoire ! ¶
Jean-Claude Delalondre
Les Trois Coups
Création Avignon 2007
Dom Juan ! d’après Molière
Adaptation et mise en scène : Luca Franceschi
Compagnie des Asphodèles
Contact : Thierry Auzer
Interprètes : Jean-Serge Dunet, Serge Ayala, Jennifer Testard, Robert Magurno, Gaëlle Konaté, Fabio Sforzini, Frédéric Tessier
Combats : Jean-Serge Dunet et Serge Ayala
Musique : Stéphane Lam
Scénographie : Stefano Perocco
Costumes : Rosalba Magini
Création lumières : Antoine Fouqueau et Romuald Valentin
Cour d’honneur de la faculté des sciences • 33, rue Louis-Pasteur • Avignon
Réservations : 06 79 84 35 90
Du 6 au 28 juillet 2007 à 21 h 30
Durée : 1 h 45
14 €, 10 € et 8 €, gratuit – de 6 ans
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