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Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.

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« Carmelle ou la Déraison d’être », de Vincent Macaigne (critique de Gille Crépin), Off du Festival d’Avignon 2007, Théâtre des Halles à Avignon

La perversité de la bonne volonté

 

Surprenant et drôle, ce spectacle adapté d’un texte de Vincent Macaigne peut difficilement laisser indifférent. À partir d’un décor simple, qui ressemble grosso modo à une cabine de douche, Marie-Charlotte Biais a monté cette forme courte, où se conjuguent adroitement de forts éléments visuels et la violence sourde du texte.

 

Il faut dire que le projet est assez peu commun, la compagnie s’étant donné un cahier des charges assez précis. Il s’agit de créer un triptyque de trois formes courtes d’une trentaine de minutes qui utilisent l’adresse directe aux spectateurs, ainsi que le travail de marionnette, et où, pour finir, la mort rôde à la fin de la pièce. Après avoir créé les personnages de l’ange et de la jeune femme blonde autour du thème de la « perversité de la bonne volonté », il a été demandé à Vincent Macaigne d’écrire le texte en suivant ce cahier des charges. Les deux prochains volets seront créés avec la collaboration de deux autres jeunes auteurs.

 

carmelle-cedric-nicolas-web.jpg

© Cédric Nicolas

 

Ça commence gentiment avec l’apparition de la comédienne Jeanne Videau et son étrange regard, qui semble nous dire de regarder derrière les apparences. Tournée vers le public, elle nous appelle pour une histoire d’amour, tente de tous nous séduire. Son propos peut sembler confus, il s’y mélange des informations tragiques sur le monde. On est secoué. Puis elle disparaît et laisse la place, ce qui ne manque pas de surprendre, à une marionnette qui représente son ange, lequel est un personnage assez peu recommandable. C’est drôle et léger, mais bientôt la profondeur du texte resurgit, et il s’agit toujours de la même histoire. Quand revient la comédienne, on est à la fois satisfait de la revoir et prêt à l’inéluctable, qui surviendra comme il se doit.

 

Tout au long de la pièce les répliques font mouche. La comédienne nous glisse, avec un grand sourire : « Je veux t’aimer, je peux t’aider » ou « Tu entends les cris de tous les petits morts de faim de la bouffe que tu manges ? » ou bien encore « Je vais mettre ma main sur ta vie de lépreux occidental ». Le plus étonnant est que l’on rit parfois follement devant cette collision de mots et d’images contradictoires. Tout cela fait de Carmelle ou la Déraison d’être un spectacle attachant, un rien perturbant, qui a le grand mérite de ne pas ressembler à ce qui ronronne parfois dans le Off. 

 

Gille Crépin

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Carmelle ou la déraison d’être, de Vincent Macaigne

Compagnie Co-incidences • Marie-Charlotte Biais • 10, rue du Square-Carpeaux • 75018 Paris

carmellecru@yahoo.fr

www.carmelle.fr.nf

Mise en scène : Marie-Charlotte Biais

Interprète : Jeanne Videau

Décor : Pierrick Stéphant

Regard marionnettique : Balthazar Voronkoff

Théâtre des Halles • rue du Roi-René • Avignon

Réservations : 04 32 76 24 51

Du 6 au 28 juillet 2007 à 21 heures

Durée : 35 minutes

9 € et 6 €

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