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Par LES TROIS COUPS
Adieu Don Juan
Voici avec « la Nuit de Valognes » une suite du mythe bien connu de Don Juan, revisité par Éric-Emmanuel Schmitt, qui en offre une version déroutante.
Faire un procès à Don Juan, quelle femme n’aurait pas rêvé le faire ? Éric-Emmanuel Schmitt s’offre ce luxe. Six victimes du légendaire séducteur sont ainsi réunies afin de le soumettre à un jugement humain et de le condamner à une peine on ne peut plus terrestre. Incroyable mais vrai…
La mise en scène de Régis Santon a trouvé tous les ressorts nécessaires pour entretenir le mystère et respecter les secrets que détient si précieusement la pièce.
Le décor imposant et majestueux, unique du début à la fin de la pièce, bénéficie d’éclairages qui le transforment au besoin afin de troubler l’atmosphère. Les costumes, en particulier ceux des six femmes réunies sous l’enseigne d’un blanc immaculé, sont parfaitement choisis pour brouiller les pistes. Le rythme de la pièce est lent sans être long – et c’est très agréable –, car il permet de progresser par étapes dans la connaissance de Don Juan et de ses victimes.
« la Nuit de Valognes » | © P. Guérillot
Quant aux acteurs, ils sont inégaux. Bernard Malaka (Don Juan), par sa voix cassée et son charisme, apparaît comme le séducteur parfait, sûr de lui. Quant à la très jeune Vanessa Kryceve (Angélique), elle est aussi extraordinaire que ravissante. Elle donne pleinement vie au personnage de la femme abusée, mais toujours amoureuse.
En somme, nombreux sont les éléments réunis pour vous faire passer une agréable soirée. De là à obtenir une totale adhésion, il y a une frontière que je ne franchirai pas. En effet, ce soir-là, je n’imaginais pas que j’allais assister au « sacrifice » de Don Juan sur l’autel d’une analyse psychologique, voire psychanalytique du personnage. Inscrite dans l’histoire des plus grands mythes, cette pièce met pourtant fin à l’un d’entre eux. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les « dessous » de Don Juan apparaissent désormais au grand jour, tel est son vrai châtiment.
Ainsi, je considère que la version d’Éric-Emmanuel Schmitt dénature le personnage de Don Juan. C’est dommage. ¶
K. R.
Les Trois Coups
La Nuit de Valognes, d’Éric-Emmanuel Schmitt
Compagnie Régis-Santon
Mise en scène : Régis Santon
Avec : Bernard Malaka, Marie-France Santon, Régis Santon, Camille Cottin, Anne Jacquemin, Vanessa Kryceve, Bernard Malaka, Sacha Stativkine, Mélaine, Stéphanie Lanier, Caroline Alaoui
Création costumes : Pascale Bordet
Assistante costumes : Caroline Martel
Bijoux : Scooter
Lumières : Laurent Béal
Combat à l’épée réglé par Grégory Bron
Réalisation de la maquette sonore : Louis Haeri
Théâtre Sylvia-Monfort • parc Georges-Brassens • 106, rue Brancion • 75015 Paris
Du 15 novembre 2007 au 13 janvier 2008, les mardi, vendredi et samedi à 20 h 30, les mercredi et jeudi à 19 h et le dimanche en matinée à 16 h, relâche dimanche soir et lundi soir
Durée : 1 h 45
Réservations : 01 56 08 33 88 le lundi, mardi, vendredi et samedi de 13 h à 18 h 30, le mercredi et jeudi de 13 h à 18 h
22 € | 15 €
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