Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par LES TROIS COUPS
Un classique rigoureux
et sincère
Par Astrid Cathala
Les Trois Coups.com
« Le Jeu de l’amour et du hasard », de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, est une comédie en trois actes et en prose représentée pour la première fois le 23 janvier 1730. Elle met en scène Dorante, qui, voulant juger de la véritable personnalité de sa promise, échange son habit avec celui de son valet, Arlequin. Sylvia, la promise, désirant elle aussi tester la sincérité de son futur époux, use du même stratagème, et revêt l’habit de sa servante, Lisette.
Jeux de dupes, jeux de rôles : Marivaux en est friand, Xavier Lemaire, metteur en scène, tout autant. Et c’est avec franchise et rigueur qu’il orchestre la danse. Pas de classicisme forcé ni de volonté d’actualisation. Grâce à trois panneaux coulissants, le décor est pertinent. Les costumes – bien qu’un peu trop pauvres – rappellent l’époque sans la souligner. Le texte enfin s’entend, et se déguste à volonté. Les acteurs montrent une belle écoute mutuelle, le rythme est soutenu. L’histoire suit son cours, et malgré quelques petites maladresses, nous la suivons : le défi est relevé.
En outre, nous rions. Et tout en riant, spectateurs privilégiés de l’intrigue, nous assistons aux jeux cruels auxquels se livrent les personnages. Et nous constatons, impuissants, combien pèse le rang social, et par conséquent, le quasi impossible mélange des classes.
« le Jeu de l’amour et du hasard » | © B. M. Palazon
Lisette, drôle, pétillante et si généreusement interprétée par Isabelle Andréani, a beau déclarer que son « … cœur est fait comme celui de tout le monde. De quoi le vôtre s’avise-t-il de n’être fait comme celui de personne ? », l’habit fait le moine, et l’amour paraît un douteux contrepoint de la raison.
Dorante, bien sûr, finit par demander la main d’une Lisette qu’il croit servante. Lui seul, peut-être, serait prêt à braver l’ordre établi. Les autres n’ont fait que fantasmer un monde interdit, ou bien obtenir une preuve d’amour dont il n’est pas certain qu’ils auraient pu l’offrir à leur tour…
Le hasard chez Marivaux fait le reste : ça jubile, et ça finit bien ! Les acteurs quittent la scène, les spectateurs, heureux et souriants, la salle. ¶
Astrid Cathala
Le Jeu de l’amour et du hasard, de Marivaux
Compagnie Les Larrons • 34, rue de Torcy • 75018 Paris
01 53 26 05 12
Mise en scène : Xavier Lemaire
Assistant à la mise en scène : Michaël Gaudeul
Avec : Isabelle Andréani, Gaëlle Billaut-Danno, Bernard Carpentier, Julien Cigana, Xavier Clion, Christian Dubouis, Michaël Gaudeul
Décors : Caroline Mexme
Costumes : Brigitte Elbar
Lumières : François-Éric Valentin
Musique : Raphaël Bancou
Théâtre Mouffetard • 73, rue Mouffetard • 75005 Paris
Réservations : 01 43 31 11 99
Du 10 janvier au 23 février 2008, du mercredi au vendredi à 20 h 30, samedi à 17 h et 21 h, dimanche à 15 h
Matinées supplémentaires les mardis 29 janvier et 19 février à 18 h
Rencontre avec les artistes à la bibliothèque Mouffetard le samedi 26 janvier 2008 à 15 h
Durée : 1 h 45
22 € | 15 €
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