Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par LES TROIS COUPS
Comme un rêve esthétique
Par Esther Mano
Les Trois Coups.com
« Noires pensées mains fermes » est une création du théâtre Les Ateliers, de et mise en scène par David Mambouch. Ce dernier est un auteur et metteur en scène de la nouvelle génération. Sorti en 2004 de l’E.N.S.A.T.T., il est aujourd’hui permanent du T.N.P.
Ce spectacle vivant est un délire esthétique, un rêve de Mambouch aux couleurs chaudes, comme une nuit sous la couette quand, dehors, gronde l’orage. Mais je n’ai pas vu le sens. Je suis allée voir le spectacle sans lire autre chose que sa brève présentation, comme d’habitude. Prête à tout découvrir, prête à être surprise. J’ai ri parfois sur un double sens, sur une référence, sur une image. J’ai aimé l’esthétique de la scénographie. Le mouvement et le rythme sont soutenus, laissant cette impression de tournis que peut laisser un rêve intense. Cependant, je n’ai pas été sensible à cette création. Je ne suis pas sortie révoltée, heureuse, ou désireuse d’échanger. Je suis sortie aussi ignorante et sans avoir été bouleversée par des émotions.
Quelques jours plus tard, après avoir lu une présentation de la pièce plus fournie et la note de l’auteur, j’ai pu vérifier qu’il s’agissait bien d’un rêve entrecoupé de phases d’éveil et que cela nous parlait de culpabilité. Alors, je peux dire que oui, l’univers onirique d’une nuit de cauchemar est bien rendu. Oui, les poulies, les rouages, les rideaux, les cordes tendues participent à cette vision tandis que les costumes, la manière de traiter la pièce à la façon du théâtre élisabéthain, me paraissent plus évidents pour opposer les sentiments qui habitent ces moments.
« Noires pensées mains fermes » | © Grégory Picout
Tout un chacun peut reconnaître le cauchemar de certaines de ses nuits. En effet, dans ces moments-là, les idées passent du coq à l’âne, d’une époque à une autre, les morts ressuscitent et les têtes ne correspondent pas forcément avec les personnes évoquées. Nous pouvons alors nous retrouver mutilés, nous ne savons plus à quel saint nous vouer. D’ailleurs, drôle de cardinal que le cardinal qui hante ce rêve ! C’est donc un de ces cauchemars d’où l’on ressort hagard, épuisé de l’avoir trop vécu, heureux qu’il soit fini. Un de ces cauchemars où nous avons vidangé une partie de notre mémoire, nos ressentis, nos émotions, nos réactions ou nos réalisations.
Le sens ou l’esthétique ? Le sens et l’esthétique ? Voilà toute l’ambivalence de ma pensée éveillée. Quoi qu’il en soit, je préfère l’art quand il me crée de l’émotion, quand il m’amène à réfléchir, quand il m’aide à grandir, le tout sans notice. ¶
Esther Mano
Noires pensées mains fermes, de David Mambouch
Mise en scène : David Mambouch
Avec : Stéphane Bernard, Mathieu Besnier, Olivier Borle, Vincent Farasse, Anne Ferret, Karen Fichelson, Laure Giappiconi, Catherine Hargreaves, Yann Lheureux, Mychel Lecoq
Collaboration artistique : Laure Giappiconi
Scénographie : Amandine Fonfrède
Lumières : Julie-Lola Lanteri-Cravet
Son : Louis Dullac
Costumes : Émilie Carpentier
Théâtre Les Ateliers • 5, rue du Petit-David • Lyon
04 78 37 46 30 | télécopie : 04 72 41 93 02
contact@theatrelesateliers-lyon.com
www.theatrelesateliers-lyon.com
Du 11 au 31 janvier 2008 à 19 h 30 ou 20 h 30
Réservations et ventes au 04 78 37 46 30 ou à l’accueil du Théâtre Les Ateliers
20 € | 18 € | 14 € | 10 €
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