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Par LES TROIS COUPS
Une heure
et trente-huit minutes
Par Alexandra Cartet
Les Trois Coups.com
Seul en scène : un exercice difficile pour un acteur. Pendant près d’une heure quarante, François Duval s’y attelle dans « le Cul de Judas ». Son dessein : nous faire vivre le texte. Il ne m’en est malheureusement rien parvenu. Dommage.
Des tapis rouges recouvrent une partie de la scène. François Duval (acteur et metteur en scène) veut, à travers son choix, signifier tantôt un appartement, tantôt l’intérieur d’un bar. J’aurais pourtant préféré un plateau neutre. Je n’ai pas pu m’empêcher de considérer ce choix comme une faute de goût. Et mon regard, très attiré par la couleur vive, s’est détourné de l’essentiel : l’acteur.
Dès sa première prise de parole, j’ai noté sa voix profonde. François Duval s’amuse tout au long du spectacle des assonances et allitérations du texte. Les mots prennent ainsi chair dans sa bouche. Amoureuse du mot, cela aurait dû me plaire. Rien ne m’est, malheureusement, parvenu du spectacle. À trop vouloir sublimer le mot, l’acteur efface toutes les images du texte. Je n’ai entendu qu’un bourdonnement pendant une heure trente-huit. Quelques mots qui sonnaient différemment m’ont parfois sortie de mon ennui. J’attendais les silences avec impatience : loin de me raconter quoi que ce soit, ils me libéraient l’oreille et me donnaient du répit.
« le Cul de Judas » | © Thierry Samuel
Les silences prennent de l’ampleur au fil du spectacle. Ils grandissent, à l’image du personnage, de plus en plus ivre et de plus en plus lent. François Duval interprète mal l’homme ravagé par l’alcool. Ses déplacements titubants ne sont pas crédibles. Le stéréotype du personnage ivre qui raconte sa vie dessert une fois de plus le spectacle. Non seulement le texte ne nous parvient pas, mais le jeu théâtral est réduit à une ivresse lente, sans surprises et sans excès.
Les choix du metteur en scène sont convenus, complaisants et manquent profondément de recherche. Néanmoins, quelques jeux de lumière, qui balaient le plateau, sont intéressants. Le Cul de judas est sans doute la première expérience théâtrale qui m’a fait l’effet d’une prison. Assise sur mon siège, je subissais le temps qui passe. Le spectacle n’était ni assez mauvais pour que je puisse en rire, ni assez bon pour que mon attention en soit tout absorbée. ¶
Alexandra Cartet
Le Cul de Judas, d’Antonio Lobo Antunes
Production Cie Fortune carrée et François de La Baume
Mise en scène : François Duval
Avec : François Duval
Maison de la poésie • passage Molière • 157, rue Saint-Martin • 75003 Paris
Réservations : 01 44 54 53 00
Du 3 avril au 25 mai 2008, du mercredi au samedi à 21 heures, dimanche à 17 heures
Durée : 1 h 40
20 € | 15 € | 10 €
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