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Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.

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« Le Cri » | « la Grimace » | « Sur ma colline », de Marc Weidemann (critique d’Isabelle Desalos), Le Tremplin, Avignon Off 2008

Déclaration de vie

 

Le Tremplin propose la trilogie de Marc Weidemann : « le Cri », « la Grimace » et « Sur ma colline ». Trois textes sur la cruauté de la vie, mais aussi ses joies, ses peines, ses révoltes, ses enseignements, ses tendresses… et l’amour !

 

(Le Cri :) C’est un enfant jeté dans la vie. Délaissé par ses parents, et élevé dans la crainte de recevoir des coups ou de voir le « belvédère » de son beau-père, « Il » est en quête d’amour. Trop tôt, il découvre la réalité d’un monde sans morale. La seule présence qu’il connaisse est violente. Mais, heureusement, parfois la douceur apparaît. Et rien que pour cela, « Il » est heureux d’exister.

 

(La Grimace :) « Il » a grandi. Il est temps de savoir ce qu’il veut devenir. Dans la vie quoi ! Il veut être acteur. Mais avant d’atteindre la gloire, il faut commencer par le bas de l’échelle. « Il » sera guichetier. Il vend donc des billets de théâtre. C’est à travers cette première expérience professionnelle qu’il va poursuivre son apprentissage de la vie.

 

Le Cri nous renvoie à l’enfance, la nôtre bien sûr, mais aussi celle de nos proches, celle de nos propres enfants. La Grimace évoque plutôt tout ce qui a trait à l’adolescence et les premiers pas dans le monde des adultes.

 

Nous portons deux types de regard sur ces premiers volets de la trilogie. L’un est à l’image du personnage, naïf et inconscient. L’autre est adulte et tantôt révolté, tantôt attendri. Au même titre que ces voix anonymes qui s’interpellent et commentent les évènements, nous ne pouvons rester insensibles aux malheurs de l’enfant du Cri. Qui sont-ils ces personnages invisibles qui répondent si bien à nos réactions ? Sont-ce les parents de l’enfant, la mère absente et ce beau-père hypocrite, ou simplement une parole cathartique de spectateur, ou encore celle d’une double conscience que l’enfant pourrait entendre ? Quels qu’ils soient, devant ce témoignage à vif, le public ne peut que saigner de cette parole enfantine.

 

Le deuxième volet (le troisième est attendu pour le Off de l’an prochain) est plus léger, plus cocasse. Nous sommes mis en présence d’un grand nombre de personnages tous plus exubérants les uns que les autres, et, à l’image de « Il », nous réfléchissons aux idées lancées comme si de rien n’était. Les petites voix sont toujours présentes, attentives à son évolution.

 

Un ajout de chanson française à l’accordéon donne un petit côté vieille France assez tendre à cette mise en scène. Néanmoins, le passage de la musique au texte est un peu brutal.

 

(Sur ma colline :) Une pensée, une conscience, un ange, un être (ou peut-être pas) du haut de sa colline, un jour, tombe amoureux. Tout ce qui est alors en lui d’absence, d’immatérialité, d’invisibilité, d’inexistence, va se concrétiser, se révéler entier, vivant, présent. Il est là maintenant et veut se réaliser malgré ce grand trou noir qui lui obstrue peut-être le souvenir.

 

L’auteur parle de déclaration d’amour, mais en est-ce vraiment une ? J’y vois plutôt une prise de conscience, une seconde naissance et le désir de devenir autre.

 

La scénographie est épurée, bien que peut-être un peu funèbre pour le Cri et la Grimace : une scène noire sculptée de bougies. Pour Sur ma colline, une table haute de comptoir, sa chaise et un verre à vin empli d’eau composent le décor. La lumière est simple et met en valeur le comédien.

 

Quant à l’interprétation, certains passages manquent de réinvention et ne nous permettent pas de recevoir tout le texte. Mais Manuel Pons partage avec nous ces expériences difficiles et ces réflexions. Il est impressionnant dans les multiples personnages de la Grimace et profondément touchant dans le Cri. Sur ma colline nous présente une sorte d’ange vêtu de blanc, visiblement « inoffensif », « gentil » et à la belle voix mâle. Il a une belle énergie et beaucoup de sensibilité. Je regrette que ces voix ne se répondent pas. Une modulation plus importante et une plus grande liberté accentueraient le décalage avec le texte de l’enfant et provoqueraient plus efficacement le rire du public. 

 

Isabelle Desalos

Les Trois Coups

www.lestroiscoups.com


Le Crila GrimaceSur ma colline, de Marc Weidemann

Compagnie Marc-Weidemann • 150, rue Émile-Combes • 33000 Bordeaux

09 61 40 57 12 | 06 23 27 78 65

presse@marcweidemann.com

www.marcweidemann.com

Mise en scène : Marc Weidemann

Avec : Manuel Pons, Sylvie Bertrand (accordéon)

Le Tremplin • 8 ter, rue Cornue • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 82 40 57

Du 10 juillet au 2 août 2008 à 15 heures (en alternance le Cri et la Grimace) et minuit (Sur ma colline)

Durée : 1 h 20

14 € | 10 € | 8 €

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