Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par LES TROIS COUPS
« Amphitryon »,
de Molière
Le Ranelagh • 5, rue des Vignes • 75016 Paris
À partir du 12 septembre 2008, du mercredi au samedi à 19 heures, dimanche à 15 heures (relâche le lundi et le mardi)
Mise en scène : Tiphaine Vaur et Alexandre Tourneur
Distribution :
Lumière : Benjamin Boiffier
Costumes : Anne Ruault
Marionnettes : Aurélie Breteaux
Production : Théâtre Le Ranelagh
Notes d’intention
Cette pièce de Molière tranche, à l’évidence, avec l’ensemble de son œuvre.
Nous connaissons tous ses farces, la plupart inspirées du jeu des Italiens et fortes en outrance de langage, en pitreries et en exubérance de gestes. Nous savourons également son génie de la satire et ses attaques de notre humanité, toujours sous le couvert de la comédie, même parfois mordante.
Mais Amphitryon, ce n’est pas cela. Amphitryon est un conte, une légende.
Et, si nous y retrouvons les ressorts comiques de Molière, c’est bien l’univers fantastique qui articule son histoire.
C’est pour cette raison que nous avons choisi des décors permettant les jeux d’ombres : trois cyclos, symbolisant les façades de la maison d’Amphitryon et l’arrivée du port. Et derrière lesquels auront lieu des apparitions qui accentueront l’effet miroir des sosies, amplifieront les entrées des dieux, souligneront le comique de certaines scènes. Mais qui vont surtout exister grâce aux lumières.
La lumière apporte à chaque situation sa part de rêve. Changements d’atmosphère, déplacements, jeux de scène : elle souligne tout. La lumière nous accompagne, nous met en valeur ou nous fait disparaître. Elle va montrer au spectateur un second plan, invisible au départ, dévoiler des scènes cachées, montrer ce qui se passe dans la maison. On ne sait plus si c’est elle qui induit l’évènement, ou le contraire, mais l’un ne va pas sans l’autre. Elle nous permet aussi d’intensifier le jeu des sosies : la lumière nous sert de miroir, de reflet. Tout comme les costumes, elle est vive, colorée et parfois violente. Avec l’idée que nous sortions d’une bande dessinée par Uderzo ! Car, c’est en mettant le trait en caractères gras que nous soulignons la réplique de Molière, en y ajoutant notre humour et la fantaisie de nos « gags ».
Et, s’il n’y a pas de bande sonore, c’est parce que nous ne voulions aucun autre artifice que le jeu de l’acteur pour donner le ton et l’atmosphère de la situation. Vous nous entendrez seulement en coulisses faire les bruitages du vent, des animaux, de l’orage. Notre manière à nous de rester auprès de ceux qui sont sous les feux de la rampe.
Fini aussi les traditionnels coups de bâton et soufflets. Si Jupiter et Mercure ont pris l’apparence des hommes, ils n’en restent pas moins des dieux. Nous avons donc imaginé qu’ils pouvaient jouer avec eux comme des marionnettistes, les hypnotiser, les « téléguider », leur jeter des sorts. Ils détiennent le pouvoir alors qu’Amphitryon et Sosie en sont démunis. Nous nous sommes inspirés des mangas si parlants à la jeune génération...
Travailler la gestuelle en imaginant le coup qui part (le comédien qui envoie) et le coup qui touche (le comédien qui reçoit), quelle immense liberté physique et quel plaisir du jeu !
La comédie qui se sert du fantastique et la magie qui accentue les effets comiques : voilà comment nous avons souhaité cette pièce unique de Molière.
Recueilli par
Les Trois Coups
Le Ranalagh • 5, rue des Vignes • 75016 Paris
Réservations : 01 42 88 64 44
FNAC : 0892 702 806
À partir du 12 septembre 2008, du mercredi au samedi à 19 heures, dimanche à 15 heures (relâche le lundi et le mardi)
Durée : 1 h 30
Accès :
Plan d’accès sur www.theatre-ranelagh.com
Tarifs :
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog