Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par Les Trois Coups
À corps et à cœur
Par Vincent Cambier
Les Trois Coups.com
Clémentine Célarié présentait une œuvre personnelle, « Madame sans chaînes ». Certains attendaient la vedette au tournant. Mais sa sincérité et son talent balaient tous les a priori.
Il se trouve que je suis allé voir deux fois Madame sans chaînes. Pourquoi deux fois ? Je ne vous le dirai pas. C’est une histoire privée entre l’artiste et moi. Une histoire humaine, dont la trame est en fil de tendresse. J’ai d’ailleurs bien fait de réitérer, car j’ai ainsi affiné mon jugement. En effet, le spectacle n’était plus tout à fait le même : il avait nettement évolué en qualité.
Nous croyons tous que les vedettes n’ont pas le trac : c’est une grossière erreur. Pour preuve : Clémentine Célarié, au début du Festival, trouillait à blanc. Comme tous ceux qui prennent le risque de créer leur œuvre à Avignon. Comme tous ceux qui ont du talent et ont sué sang et sanglots dans leur boulot d’auteur, d’acteur, de régisseur ou de metteur en scène. A fortiori s’ils sont connus et que certains les attendent au tournant. Et c’est à cause de ce thermomètre de la peur à 0 °C que l’actrice ne m’avait pas convaincu. Ce trac est d’autant plus paralysant qu’elle est seule sur le plateau et qu’elle s’expose à corps et à cœur au public. Comme si ça ne suffisait pas, elle réclame elle-même à cor et à cri ce face-à-face crâne avec lui, les yeux dans les yeux, comme un combattant devant un adversaire qu’il respecte infiniment. Même si la tendre guerrière tremble de perdre. De tout son être. Et c’est pour ça que c’est beau.
Elle enfonce le clou du culot en déclarant : « Je lui [le public] raconte tous mes secrets, les plus dingues et les plus honteux, y’a qu’à lui que je peux dire certaines choses, ma façon de voir l’amour, d’endosser le rôle de “femme” ou d’“actrice”, tout ce qu’on m’a empêché de faire, qu’on m’a forcé à faire, tout mon bordel, mes fiancés, mes jalousies… » C’est clair : Clémentine Célarié se rebelle et rue dans les brancards. Personne ne lui confisquera la parole. Sa parole. Fini les intermédiaires ! « Lui et moi toute seule… Un peu comme un rendez-vous amoureux… »
Et le public marche. À fond. Parce que cette femme et cette comédienne respirent la générosité par tous les pores de leur peau. Parce que l’on ne peut que s’abandonner au vent grisant du courage, aux ondes subtiles de l’empathie, à l’odeur délicate de la drôlerie, au souffle raffiné de l’autodérision, aux effluves embaumés de la sincérité, aux fragrances exquises de la tendresse, au parfum pénétrant de l’amour. C’est à prendre ou à laisser.
Moi, je prends. Tout. ¶
Vincent Cambier
Madame sans chaînes
Écrit et interprété par Clémentine Célarié
Mise en scène : Abraham Diallo
Production, diffusion : Monsieur Max Production
7, rue Pierre-Brossolette • B.P. 272 • 76055 Le Havre cedex
Tél. : 02 35 42 69 34
Contact : Julie Lenhof
Courriel : Julie Lenhof
Courriel : Monsieur Max Production
Presse, médias : Nicole Sonneville
Tél. : 01 42 74 51 11 – Portable : 06 83 25 43 95
Théâtre du Chien-qui-Fume • 75, rue des Teinturiers • Avignon
Tél. : 04 90 85 25 87
Du 8 au 30 juillet 2005 à 14 h 10
Durée : 1 h 10
Tarifs : 19 € et 13 €
Ce spectacle va se rejouer à Paris au Café de la gare à partir du 28 septembre 2005.
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