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Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.

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« Les Bons Becs en voyage de notes » (critique), Sudden Théâtre à Paris

Clarinet heroes


Par Céline Doukhan

Les Trois Coups.com


« Les Bons Becs en voyage de notes »… Voilà un bien étrange titre de spectacle ! Un remake musical des « Oiseaux » ? Une histoire de volatiles migrateurs ? Pas du tout. Les becs sont ceux des instruments à l’honneur dans ce spectacle, où sévit aussi un percussionniste. La trame narrative est, c’est le moins qu’on puisse dire, mince : quatre clarinettistes ont perdu la trace du cinquième membre de leur groupe. Ils décident de partir à sa recherche à travers le monde, désormais flanqués d’un homme de ménage aux talents musicaux insoupçonnés…

Ce fil rouge n’est en fait qu’un prétexte au déploiement d’un répertoire qui va de Gershwin à Copacabana en passant par les Beatles et Mozart. Mozart, grand amateur d’instruments à vents et de clarinette en particulier : comme en clin d’œil, l’ouverture de sa Flûte enchantée a été choisie pour débuter le spectacle… De pays en pays, donc, les musiciens passent à la moulinette les styles locaux en déployant une énergie et un entrain vraiment réjouissants. Les morceaux s’enchaînent sans temps mort, et l’on ne s’ennuie pas une seconde.

Aucun genre, aucun compositeur ne résiste à la boulimie de ces cinq-là et à l’extraordinaire adaptabilité de la clarinette, ou plus exactement, des trois clarinettes et du cor de basset. Tout semble pouvoir être joué par ces instruments-caméléons ! Et ce, grâce aux arrangements de Florent Héau, le pilier du groupe. Toutes les ressources sonores de l’instrument sont brillamment exploitées et mises en valeur par les mouvements et le jeu des interprètes sur scène. Le son n’illustre pas, mais crée le sens.

© Pacôme Poirier | Cit’ en scène

Son et mouvement sont toujours liés, par exemple dans le numéro America tiré de West Side Story, dans lequel on assiste à un véritable combat de clarinettes ! Les sons extrêmes, râpeux y portent toute la tension de cette bagarre pour rire. La Danse du sabre, de son côté, est particulièrement réussie, au cours de laquelle les clarinettistes tournent furieusement autour du batteur dans de terribles lumières rougeâtres, plongés dans une sorte de rituel musico-satanico-comique qui, on le sait, finira quand même bien !

Une autre vertu de ce spectacle : faire musique de tout son. La clarinette, pour imiter les mouettes, c’est génial. Pas que les mouettes, d’ailleurs : sirène de bateau, bruits de gare… Ces moments sont surprenants et réussis, mais le groupe n’en abuse pas, évitant ainsi une virtuosité purement anecdotique. Ce détournement passe aussi parfois par le démontage en direct des instruments : écoutez donc un clarinettiste jouer avec une demi-clarinette !

Quoi qu’il en soit, le plus fort est peut-être la facilité avec laquelle les musiciens jouent de leur instrument tout en faisant autre chose. Nous, le commun des mortels, faisons notre repassage tout en regardant la télévision. Eh bien, Les Bons Becs, eux, jouent de la clarinette tout en marchant, courant, sautant, dansant, voire – un numéro extraordinaire ! – en faisant des claquettes. Mais attention, nous ne sommes pas au cirque ! Tout cela se déroule toujours dans le but d’exprimer quelque chose, de faire avancer la petite histoire présente dans chacun des numéros. Ce qui rend ce spectacle particulièrement attachant, c’est donc à la fois son esprit très bon enfant mêlé à une prise de risques constante des interprètes. Un bravo particulier à Florent Héau (les claquettes, c’est lui aussi !), charismatique et talentueux leader. Un tout petit « mais » : une écriture et une mise en scène trop faibles, qui pourraient certainement mettre beaucoup mieux en valeur le potentiel comique des cinq acolytes. 

Céline Doukhan


Les Bons Becs en voyage de notes

Conception/mise en scène : Caroline Loeb

Avec : Éric Baret, clarinette si bémol ; Florent Héau, clarinette mi bémol ; Yves Jeanne, clarinette basse ; Francis Prost, cor de basset ; Bruno Desmouillières, percussions et batterie

Texte : Caroline Loeb et Nicolas Vallée

Arrangements musicaux : Florent Héau

Lumière et scénographie : Philippe Quillet

Chorégraphie : Jelly Germain, Virginie Pérez et Cécile Proust

Sudden Théâtre • 14 bis, rue Sainte-Isaure • 75018 Paris

Métro : Jules-Joffrin

Réservations : 01 42 62 35 00, magasins Fnac, Carrefour, 0892 68 36 22, www.fnac.com

Du 3 décembre 2008 au 15 février 2009, du mercredi au samedi à 19 heures, dimanche à 16 h 30, relâche le 18 janvier 2009

Durée : 1 h 20

28 € | 21 € | 18 €

Après une longue tournée française, les Bons Becs sont au théâtre Le Ranelagh, du 7 janvier 2011 au 20 février 2011

Théâtre Le Ranelagh • 5, rue des Vignes • 75016 Paris

Réservations : 01 42 88 64 44

Mercredi au samedi à 19 heures, dimanche à 15 heures

Relâche exceptionnelle les 27 et 28 février 2011, les 1er et 20 mars 2011

25 € à 32 € | moins de 26 ans : 10 €

Réservation en ligne : www.theatre-ranelagh.com

F.N.A.C. : 08 92 70 75 07

Billetterie F.N.A.C., Carrefour, Géant, Virgin

Réservation en ligne : www.fnac.com

Métro : La Muette (ligne 9) ou Passy (ligne 6)

R.E.R. C Boulainvilliers

Bus : 22 - 32 - 52

Parkings : 19 et 80, rue de Passy et 7, avenue du Président-Kennedy

D’autres dates en 2011 :

– 11 janvier 2011 / Les Ulis

– 3, 4 et 5 février 2011 / Nancy

– 6 février 2011 / Dourdan

– 27 février 2011 / Nice (Opéra)

– 16 avril 2011 / Chemillé

– 17 juin 2011 / Lorient

– 27 juillet 2011 / La Léchère

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