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Par Les Trois Coups
Retenir l’attention de la jeunesse
Un jeune paysan fait un rêve. Son père lui demande de le raconter. Cependant l’enfant refuse. Le père menace. Alors l’enfant s’en va. Il entreprend un long voyage qui l’amène à rencontrer une sorcière, une baleine, un prince et enfin, comme tout conte qui se respecte, une princesse. Henri Gougaud s’est inspiré des légendes japonaises pour écrire cette histoire pour enfants.
Tout d’abord, un décor très « zen ». Deux paravents. L’actrice joue avec, les déplace. Elle y a même suspendu des tissus colorés qui se succèdent, annonçant les changements de lieu qu’effectue le protagoniste lors de son périple. Et puis une plante verte, des galets, un coussin. La scène respire une quiétude très orientale.
Quant à Catherine Valla, elle est seule sur le plateau et se prête à une performance impressionnante. À savoir qu’elle interprète tour à tour un enfant, un père, une sorcière, un crapaud, une baleine, un prince… En fait, l’actrice s’inspire de la technique japonaise du butô qui consiste à se métamorphoser par la danse. Avec une maîtrise totale de son corps, elle esquisse des gestes et des déplacements chorégraphiques, se rapprochant tantôt du ballet, tantôt des arts martiaux. Ce choix d’interprétation renforce la dimension poétique du texte. Chaque situation est jouée d’une façon stylisée et imagée. Ainsi, quand l’enfant vole, la comédienne danse. Quand il se tient sur le dos d’une baleine, cette dernière perd tout équilibre sur scène.
© Jean-Paul Lozouet
En outre, la metteuse en scène Laure Lowenstein s’est apparemment aussi intéressée au nô. En effet, elle a emprunté à ce style traditionnel de théâtre japonais les notions de lenteur, d’envoûtement, de gestuelle stylisée et, bien évidemment, de poésie. Effectivement, vêtue d’un costume asiatique, la comédienne prend son temps, et capte alors l’attention des jeunes spectateurs par son attitude grave et majestueuse. De plus , le lyrisme du nô ne demande à la musique qu’un rythme et des timbres pour le soutenir. C’est ce qui a été entrepris ici, grâce à des morceaux musicaux à base de percussions.
La compagnie Le Cap rêvé a choisi ce drame bref de cinquante minutes pour un public d’enfants. Certes, c’est original, coloré, poétique. Votre chérubin est emporté dans une tout autre culture, et reste béat devant les prouesses de l’actrice. Mais le contenu du texte reste très léger. Les éléments caractéristiques au conte ne sont pas tous présents, ou alors ne sont pas approfondis. Il n’y a donc pas de morale édifiante à cette histoire. De même que l’humour est inexistant. Se pose alors le problème et la difficulté de retenir l’attention de la jeunesse dans la mesure où le texte se résume à seulement quelques phrases, et que le jeu est peut-être trop appliqué, consciencieux et posé. Les réactions dans la salle semblaient mitigées.
À savoir si votre enfant sera bon public ou non… Je ne vous conseillerais ce spectacle que si votre progéniture est douée d’une bonne capacité de concentration et d’écoute. Ce ne fut pas mon cas. ¶
Charlotte Étasse
Les Trois Coups
Le Jeune Homme qui avait fait un rêve, d’Henri Gougaud
Compagnie Le Cap rêvé
01 43 26 44 38
Mise en scène : Laure Lowenstein
Avec : Catherine Valla
Aktéon Théâtre • 11, rue du Général-Blaise • 75011 Paris
Du 11 février au 4 avril 2009 à 16 heures, mercredi, samedi, dimanche, tous les jours pensant les vacances scolaires, relâche le 25 février 2009
Durée : 50 minutes
8 € | 6 €
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