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Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.

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« Obaldia sur scène » (critique), Le Petit Hébertot à Paris

« C’est tuant
d’être immortel ! » *


Par Lise Facchin

Les Trois Coups.com


René de Obaldia est un écrivain. Bien, me direz-vous, et alors ? Il y en a tant ! Oui, mais lui, c’est un bon. Un espiègle, un rigolo, un « ingénial »… que même l’uniforme d’académicien n’a pas su rendre franchement sérieux. Le Petit Hébertot, joli théâtre du boulevard des Batignolles, l’accueille pour vingt représentations d’un périple à travers son œuvre. C’est vivant, pétillant et tellement drôle.

On a du mal, lorsque l’on écoute ce monsieur, à croire qu’il fasse partie de ce club mythique où l’on joue à la pérennité en se préparant un cercueil tout capitonné d’alexandrins. (Si vous me trouvez dure, voyez plutôt Desproges…) Sa lecture est celle d’une réunion entre amis, chaleureuse et naturelle. On n’y sent planer aucune culture élitiste mortifère, ni l’odeur pitoyable de la naphtaline. On y sent les grillons, les mains dans le pot de confiture, le génie des bêtises, des joyeusetés, et une jubilation poétique amoureuse du vivre.

Sur le petit plateau du théâtre, un bureau recouvert de livres, de papiers, un vrai bureau de travail, un bureau intime au final. On se croirait invité chez l’écrivain. Quelques objets sur la scène, et, en hauteur, des panneaux avec des photographies de ses plus grandes pièces.

© Lot

Voilà un homme qui joue sans jamais vouer aux règles un culte funeste, qui éclate d’enfance et de rire au souvenir d’anecdotes, à travers lesquelles on croise Michel Simon, Jean Rochefort, Fanny Ardant… Excusez du peu…

D’une certaine façon, c’est comme si Dieu nous guidait à travers les différents paysages de la Création : théâtre, poésie, mémoires, romans, l’écrivain nous emmène dans le dédale de ses textes en nous tenant par la main. Racontant le pourquoi de son écriture, il offre un peu de son histoire, de sa vie d’homme. Celle d’un homme résolument amoureux.

Profane que j’étais, jamais le nom de ce joyeux écrivain ne m’avait effleurée. C’était donc « les mains dans les poches » que je m’étais rendue à une lecture qui promettait d’être semblable à toutes les autres : pleines d’ego et de facilité… Vous l’avez compris, j’en suis sortie conquise ! J’ignore si d’autres spectateurs étaient arrivés avec la même ignorance que moi, mais l’enthousiasme de la sortie était largement unanime. Volez-y ou, si vous n’avez pas d’ailes, rendez-vous-y en métro : les ailes vous attendent au Petit Hébertot ! 

Lise Facchin


* René de Obaldia


Obaldia sur scène

Mise en scène : Xavier Jaillard

Le Petit Hébertot • 78 bis, boulevard des Batignolles • 75017 Paris

Réservations : 01 55 63 96 06

Du 14 avril au 9 mai 2009, du mardi au samedi à 19 h 30

Durée : 1 heure

20 €

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