Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par Les Trois Coups
Henry Bauchau (né en Belgique en 1913, psychanalyste, poète, romancier, essayiste et dramaturge) a travaillé sur les mythes. Il recrée ici avec bonheur le mythe de Sophocle en faisant d’Antigone une jeune fille qui meurt de son utopie puisque « elle espère dans les hommes tels qu’ils sont (s’il veulent bien changer) ».
À partir de cette pièce et d’une autre œuvre de Bauchau intitulée : Journal d’Antigone, Catherine Saunié a construit un spectacle coloré et musical, par lequel on se laisse volontiers envoûter grâce au jeu des acteurs, au chant et à la musique, étrange et baroque, que Matteo de Bellis joue en direct sur ces instruments bizarres, que sont le saxito (saxophone en bambou) et la barinette (clarinette en bambou).
Pauline Hornez incarne sobrement, mais de manière très efficace, Clios, Ismène, Polynice, Créon et l’auteur lui-même tandis que Laure Vallès donne une vie magnifique à une Antigone « charnelle, vivante et désirante ».
Tour à tour, fille ou sœur, amante et bacchante, déchaînée, encerclée, emmurée, cette Antigone nous émeut et nous enchante, car ses « sentiments, comme les dieux, sont sauvages ». Circonscrite par des cercles symboliques, de terre et de fer, d’eau et d’or, qui se rétrécissent progressivement, Antigone en est finalement réduite à son essence même et va à la mort comme à une naissance. ¶
Antigone, de Henry Bauchau
Mise en scène : Catherine Saunié
Avec : Pauline Hornez et Laure Vallès
Musique originale interprétée par Matteo De Bellis
Création lumières : Sébastien Piron
Regards chorégraphiques : Piago Keitifine
Costumes : Olivia Charbonnel
Théâtre de la Poulie • 23, rue Noël-Biret • Avignon
Réservations au 04 90 86 66 37
Du 7 au 26 juillet à 16 h 30 (1 h 15)
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