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Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.

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« Soupe pour tous », de Wim Helsen, Randall Caesar, Yvo Mentens (critique), Off d’Avignon 2009, La Luna à Avignon

Vite, à la soupe !


Par Claire Néel

Les Trois Coups.com


À vingt-trois heures et cinq minutes précises, la régisseuse Amélie annonce d’une voix ferme et joviale que la « Soupe pour tous ! » va être servie dans la salle 2 du théâtre de La Luna. Elle nous laisse alors en compagnie d’Yvo Mentens et de ses délires. Ce sont des délices que le poète désopilant parsème dans sa soupe, son passe-temps déridant le nôtre.

Le poète en question revient au théâtre de La Luna après y avoir séjourné en 2007 avec les Flamiches noirs. Il est belge, donc, parcourt le monde (et plus loin ?) avec son désir de parler « à l’intérieur » des gens. Humblement, mais forcément, avec ce qu’il est, et ce que son imaginaire répond au monde. Un drôle d’homme drôle devenu comédien, formé aux écoles du corps, du clown, de l’improvisation. Il est militant des existences. Ses moyens choisis sont l’humour et l’énergie, intensément investis pour un réveil des esprits et des joies. Soupe pour tous ! est un solo comique différent, à mille lieux de ce qu’on nous donne à rire habituellement. Bien loin de l’« humour vendeur » po-lissé par un manque d’imagination déprimant. Percutant.

Tout commence, après une deuxième annonce d’Amélie propice à enthousiasmer les foules, par un plateau vide. La lumière danse sur le beat de la Mano negra. La chanson va s’arrêter, et un homme à bonnet traverse la scène. « Déboule à travers » la scène est plus juste. Il nous voit, s’offre une version personnelle de King Kong Five, entre jubilation et obsession caractérielle. Voici le personnage. On apprend d’emblée qu’il est détraqué. C’est une folie sublime (il se considère d’ailleurs très proche du Messie, « le barbu de Nazareth ») et amoureuse qui lui fait distribuer de la soupe aux dames devant les arrêts de bus. Soupe dans laquelle il a pris soin d’ajouter des lettres de viande, espérant que la dame de sa vie décrypte un jour le message qui se cache dedans.

© Thierry Laporte

Il avance sur le chemin accidenté des pensées qui l’animent au moment présent, met en corps et en voix les émotions qu’elles lui provoquent. Elles le font danser, faire de la magie, bouillir de colère, se contenir sans aucune mesure, respirer, poétiser. En appui sur un texte aux multiples facettes, limpide et précise dans le poétique comme dans la fête des jeux de mots, la folie du personnage est évidemment cohérente. Elle se loge dans un univers apparemment absurde. Si inconnu et fantasque qu’il nous saisit à tous les coups en stimulant notre curiosité, nous comblant de pouvoir être encore et encore surpris. L’étonnement collectif est puissant, heureux. Ce personnage étrange parvient à nous relier, nous spectateurs presque euphoriques de découvrir qu’il existe. Et il joue avec nous en perpétuelle réaction avec ce qu’on lui renvoie : le quatrième mur ressemble aux restes de celui de Berlin.

Il nous évade. Il nous ancre aussi au cœur de nous-mêmes, du grand Nous et du petit Soi. Dans ce moment follement partagé, nous sommes soudainement frappés, littéralement, par son éternelle solitude. Il le sait, il le dit, que la douleur n’est qu’à soi. Il dit aussi qu’il n’a rien à offrir, mais qu’il veut bien que tu viennes et il te promet de ne rien comprendre, hormis que tu es, toi aussi, aussi fragile que le papier. Un flamiche reste un flamiche. Entre rire et stupeur, l’invitation ne se refuse pas ! 

Claire Néel


Soupe pour tous, de Wim Helsen, Randall Caesar, Yvo Mentens

Compagnie Anno vitale • 22, boulevard Boyer • 13003 Marseille

06 23 95 26 62

annovitale.vg@free.fr

www.annovitale.com

Aide à la mise en scène : Nevenka Koprivsek

Avec : Yvo Mentens

Aide à la chorégraphie : Fanny Tirel

Aide à l’obsession : Agnetha Ase Fältskog

La Luna • 1, rue Séverine • 84000 Avignon

Réservations : 04 90 86 96 28

Du 8 juillet au 1er août 2009 à 23 h 5

Durée : 1 h 15

14 € | 10 €

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R
J'ai beaucoup aimé les textes et l'interpretation. merci de me dire ou puis je trouver vos textes. Comme vous dîtes "une fois" en Belgique et que travail est vraiment , je vous souhaite un bon festival et donc merci deux fois. Rachid
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D
Ce spectacle ne mérite pas un tel compte-rendu dithyrambique. De fait, je me demande si l'on a vu le même spectacle !<br /> Vous écrivez : "L’étonnement collectif est puissant, heureux. Ce personnage étrange parvient à nous relier, nous spectateurs presque euphoriques de découvrir qu’il existe.[...] Il nous évade. Il nous ancre aussi au cœur de nous-mêmes, du grand Nous et du petit Soi." Je suis loin de m'y retrouver. Très loin !<br /> La thématique du spectacle est relativement réduite, un peu sans queue, ni tête, cela vole un peu trop en dessous de la ceinture, et la mise en scène joue sur un des plus mauvais tics de la profession : interpeler un spectateur au premier rang. <br /> A part cela, il faut dire que le comédien n'est pas sans talent, mais il serait mieux en valeur dans le cadre d'un autre spectacle mieux fagoté.
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