Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par Les Trois Coups
Quelle jolie cruauté !
Par Vincent Cambier
Les Trois Coups.com
« Le sujet est un paysan qui s’est marié à la fille d’un gentilhomme, et qui, dans tout le cours de la comédie, se trouve puni de son ambition. » (Molière, juillet 1668.) Pourquoi en raconter plus ?
À partir de là, tout est possible. Jacques Descorde le sait. Il a inventé – avec une rouerie confondante de vieux briscard et un culot de jeune fou furieux – une machine à broyer Dandin. Celui qui n’a rien compris. Celui qui porte ses génitoires en sautoir. Celui qui a cru pouvoir souiller impunément l’âme et le corps d’Angélique, grâce à ses sales sous.
M. de Sottenville, Clitandre, Lubin, Colin, Mme de Sottenville, Angélique, Claudine, s’emploieront à l’affoler, à le mater, à le briser. Le taureau terrien Dandin aura beau se dandiner, gesticuler, boustifailler sa colère dans la scène-arène, les banderilles le blesseront, le bouleverseront, l’abattront.
L’interprétation-danse d’Olivier Comte et de Carole Thibaut est étincelante. Ils déploient leurs lianes langoureuses sur un pas de deux vénéneux. Ils enserrent, assomment, noient et écrasent Dandin‑Alain Duclos, qui n’a d’autre ressource que de se laisser crucifier. ¶
Vincent Cambier
George Dandin, de Molière
La Compagnie des Docks • 58/60, avenue John-Kennedy • 62200 Boulogne-sur-Mer
Mise en scène : Jacques Descorde
Avec : Olivier Comte, Carole Thibaut et Alain Duclos
Lumières : Christophe Gens
Théâtre du Bourg-Neuf • 5 bis rue du Bourg-Neuf • Avignon
04 90 85 17 90
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog