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Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.

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« El Machina », d’Abdelkader Alloula (critique), La Criée de Marseille

Ou on le dit
mais on ne le fait pas,
ou on le fait
mais on ne le dit pas


Par Vincent Cambier

Les Trois Coups.com


Trois comédiens et un musicien s’installent sur le plateau, au milieu des spectateurs qui se font face. Ils nous racontent l’histoire de Zenouba, fillette de douze ans atteinte d’une maladie congénitale, qui prend le train (le el machina du titre) pour aller passer des vacances chez son oncle Djillali. Voilà pour l’argument principal. Car, en fait beaucoup de thèmes vont être abordés.

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Le problème, c’est le mot racontent. Le texte me paraît plus littéraire que théâtral. Un exemple : « Elles sont montées dans le train et ont trouvé des places assises. » Mais je m’en fous ! Autre exemple, de mémoire : « Elle a pris sa robe dans l’armoire. » Et la comédienne va prendre la robe en question dans l’armoire ! Comme le dit très justement un metteur en scène de mes amis, au théâtre, ou on le dit mais on ne le fait pas, ou on le fait mais on ne le dit pas. Dans el Machina, on le dit et on le fait. Cette redondance me lasse très vite.

En outre, alors que le genre théâtral est constitué dans le « dire » – c’est-à-dire le dialogue et non le raconté – et le « faire » – le drame, c’est littéralement « l’action théâtrale » –, dans el Machina, les comédiens parlent souvent au public ou dans le vide et non aux autres protagonistes. Ce qui aggrave considérablement mon ennui.

Par ailleurs, les comédiens intervertissent régulièrement leurs rôles au cours du spectacle. Ce qui apporte une certaine confusion. De même, la pièce aborde, en une heure et demie, une tripotée de thèmes, ce qui me perd encore plus. D’ailleurs, une voix off intervient à intervalles réguliers, sans doute pour faire le lien, qui devrait se faire par les dialogues et l’action seuls. Ou alors est-ce pour combler les vides de la « narration » ?

Bref, ce n’est pas très bon, d’autant que les comédiens ne rehaussent pas le niveau. Leur jeu est même parfois à la limite de l’amateurisme. 

Vincent Cambier


El Machina, d’Abdelkader Alloula

Mise en scène et adaptation : Ziani Chérif Ayad

Assistant pour l’adaptation : Azreki Mellal

Avec : Rihab Alloula, Mohamed Bouallag, Lardjam Kheireddine
et Larbi Bestam (musicien)

Conseiller littéraire : Bénamar Médiene

Traduction : Mourad Senouci

Scénographie et lumière : Éric Soyer

Collaboration artistique : Nacera Belaza

Lumières : Éric Soyer

Costumes et accessoires : Mustapha Flici

La Criée • 30, quai de Rive-Neuve • 13284 Marseille cedex 07

Réservations : 04 91 54 70 54

Petit théâtre les jeudi 9, vendredi 10, samedi 11 à 20 heures, lundi 13, mardi 14, mercredi 15 à 19 heures et jeudi 16 novembre 2006
à 20 heures

Durée : 1 h 30

De 21 € à 10 €

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