Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par LES TROIS COUPS
Conte lyrique
Par Gille Crépin
Les Trois Coups.com
Il n’est pas si fréquent de rencontrer des spectacles très jeune public d’aussi bonne qualité que celui-ci. La qualité du décor et des costumes, notamment, est irréprochable et la lumière renforce l’impressionnante beauté des images.
Dans cet univers très dépouillé, et très asiatique, nous assistons à la vie quotidienne de l’empereur. Celui-ci est un terrible bonhomme d’un sérieux à toute épreuve. Il n’hésite jamais : « Qu’on leur coupe la tête », « Qu’on les noie ». Le coté hiératique du personnage fige complètement les jeunes spectateurs au début de la représentation. Au début seulement. La machine se dérègle bientôt après le passage d’un rossignol qui ne respecte guère les règles du protocole. La situation prend alors un tour fort réjouissant. L’empereur devient drôle par son embarras même. Plus rien ne va vraiment dans la vie, autrefois régulière, de celui qui possède tous les pouvoirs. Bientôt l’empereur ne jure plus que par le rossignol, et une conspiration, menée par ses proches, va tenter de lui substituer un oiseau mécanique.
Il faut ici saluer la jolie performance du comédien Marc Lallemand, qui nous sert un empereur fort réjouissant. Très à l’aise dans les déplacements et les gestes, il est aussi un pince-sans-rire d’un effet des plus efficaces. Voilà qui nourrit les sourires des adultes présents lors de la représentation. Face à lui, le rossignol est joué par Marie-Claire Deray, qui utilise sa belle voix de soprano pour figurer le chant du rossignol. Elle interprète donc de courts passages de Ravel ou d’Offenbach lors des apparitions de l’oiseau, et cela contribue grandement à la magie du spectacle. Ce conte d’Andersen est fréquemment adapté en spectacle jeune public et, généralement, il est difficile de croire à la séduction du chant du rossignol. Ici, ce problème n’existe pas. L’apparition du chant lyrique rend absolument crédible la fascination de l’empereur. Cette première approche de musique chez les petits est très adroitement menée avec ce qu’il faut bien appeler un conte lyrique. ¶
Gille Crépin
L’Empereur et le Rossignol, d’après Andersen
La Dame de pique • mairie de Denguin, place de la Mairie • 64230 Denguin
05 59 68 68 98 | 06 88 76 91 66
Mise en scène : Marie-Anne Gorbatchevsky
Interprètes : Marie-Claire Deray (soprano) et Marc Lallemand
Lumières : Laurent Aranda
Conte lyrique
Jeune public à partir de 3 ans
L’Albatros • 29, rue des Teinturiers • Avignon
Du 6 au 28 juillet 2007 à 10 h 30
Relâche le 18 juillet
Durée : 35 minutes
9 €, 6 €
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