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Par LES TROIS COUPS
Et Dieu dansa avec le diable
« Feu d’enfer » est une création d’Yves Charreton d’après la biographie de Jerry Lee Lewis – pionnier du rock né en Louisiane en 1937 –, « Hellfire », écrite par Nick Tosches. Il s’agit d’une coproduction Fenil hirsute et le Théâtre Les Ateliers.
Jerry Lee Lewis est né au cœur d’une famille de chrétiens de l’Église de l’Assemblée de Dieu (église américaine issue du protestantisme), croyants pratiquant la transe au travers des chants, des prêches et du parler en langue spirituelle. Marqué de cette idée d’un Dieu tout-puissant et d’un diable tout aussi puissant, il n’aura de cesse sa vie durant de passer d’un monde à l’autre sans trouver sa place.
La création de lumières, de sons, d’espaces, de super-huit, le jeu des acteurs nous accompagnent à la rencontre de l’univers de Jerry Lee Lewis. Personnage haut en couleur, il découvre Dieu en famille et transgresse les lois de cette religion, trop étouffante pour lui, dans les bouges nègres, où il découvre le blues. Il connaîtra tout les excès : l’alcool, le tabac, les pilules, les colères, la bigamie, les mariages et divorces multiples. Nous sommes là dans un spectacle vivant, où le temps de narration est au passé et le ton celui d’un prêche.
La scénographie nous emmène d’un univers à un autre avec élégance et sobriété. Le décor composé de quatre panneaux mobiles en tous sens, les écrans éphémères permettant la projection des images nous donnent à voir une circulation aisée dans les différents lieux de vie de Jerry Lee Lewis. Les nombreux costumes nous aident à voir défiler le temps sans lourdeur. Les compositions musicales et le chant, véritables respirations, aiguisent notre ouïe à l’écoute des silences et des cris.
Le jeu des comédiens est intéressant. L’opposition faite d’une part par la souplesse des corps pour évoquer l’univers profane, d’autre part par la raideur pour les pratiquants du culte de l’Assemblée de Dieu, le tout relayé par les costumes, nous permet aussi de ne pas perdre le fil de cette biographie vivante. Le phrasé des comédiens, qui rappelle le prêche tout en étant saccadé comme une musique, est pourtant un peu difficile à suivre par moments. Alors, lorsque le texte est très dense, bercée par la musique des mots, j’ai parfois, je l’avoue, décroché un instant. ¶
Esther Mano
Les Trois Coups
Feu d’enfer, d’après Hellfire de Nick Tosches
Traduit de l’anglais par Jean-Marc Mandosio
Adaptation et mise en scène : Yves Charreton
Avec : Stéphane Bernard, Yves Charreton, Anne Ferret, Douce Mirabaud
Composition musicale et chant : Éric Allombert
Scénographie et lumières, régie plateau : Seymour Laval
Costumes, bruitages, habillage en jeu : Catherine Delmond
Univers sonore : Éric Dupré
Régie lumières : Jean-Louis Delorme
Réalisation des films : Véronique Bettencourt
Avec les images filmées de Valentine Bremeersch, Sarah Théodon et Marie Lavaux dans le rôle de Myra Gale
Regard extérieur : Catherine Marion
Construction de décors : Gabriel Guénot
Mention obligatoire : Florence Lavaux
Diffusion : Emmanuelle Gourvitch
06 84 33 94 74
Théâtre Les Ateliers • 5, rue du Petit-David • Lyon
04 78 37 46 30 | télécopie : 04 72 41 93 02
contact@theatrelesateliers-lyon.com
www.theatrelesateliers-lyon.com
Du 12 au 25 octobre 2007 à 19 h 30 ou 21 heures
Réservations au 04 78 37 46 30 ou à l’accueil du Théâtre Les Ateliers
20 € | 18 € | 14 € | 10 €
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