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Par LES TROIS COUPS
La fin est heureuse
« En ordre de Bataille », papa, maman, la bonne et moi, est une pièce d’Alain Jugnon publiée en 2005. Composée d’un prologue, de quinze situations et de cinq personnages, elle nous propose la vision philosophique d’un condensé d’existence, allégée par une forme rythmée à la manière d’un vaudeville.
Papa, maman, la bonne et moi : mathématiquement nous avons vingt-quatre possibilités de rencontre. Mais ce serait sans compter les surprises de la vie : grand-maman, qui a décidé de changé de sexe… l’enfant, qui sublime papa en aviateur, en révolutionnaire, en torero… Et la bonne, bien bonne, choisit-elle papa ou l’enfant ? Bref, avec un décor de Donald Cardwell, les portes auraient pu claquer.
Le texte est très dense, et au moment du prologue comme à la première situation, je me suis demandé si je n’aurais pas dû le lire avant pour en saisir la saveur. Puis je me suis laissé porter pour mon plus grand plaisir. Des mots chocs, des phrases chocs nous ramènent à une réalité qui est nôtre que l’on soit ado, adulte, parent et toujours enfant. Le langage est parfois grossier, comme si la transgression verbale était une soupape, un soulagement face au questionnement incessant que nous propose la pièce.
© Johann Trompat
J’ai aimé le travail sur le rythme que l’on retrouve à tous les niveaux de lecture, comme dans les mots et le jeu, avec l’alternance entre cri et murmure, rage et ralenti, dans les lumières intimistes ou éclatantes, dans le décor mêlant noir et couleurs chaudes. Ce décor sans fenêtres et sans portes, mais avec un immense miroir, qui parfois s’ouvre sur le ciel.
Et puis les comédiens. J’ai toujours beaucoup de respect pour ceux qui savent porter un texte. La pièce, qui mêle réflexion philosophique, humour et absurde, peut laisser pantois. Pourtant si nous « lâchons prise », les comédiens nous transportent vers des émotions fortes. Nous regardons le miroir de nos vies, nous rions de nos travers, de notre optimisme, tout en nous demandant : « et Dieu dans tout cela ? ». Tour à tour, chaque personnage est seul en scène pour un moment d’intimité entre lui et nous. Il nous livre ainsi le meilleur et le pire de lui-même. J’ai été très émue, par exemple, par la situation qui nous permet de rencontrer le personnage « Moi » au plus près.
Et, dans ce cycle de vie, nous savons que nous continuerons parce que « la fin est heureuse ». ¶
Esther Mano
Les Trois Coups
En ordre de Bataille, d’après Alain Jugnon
Mise en scène : Gilles Chavassieux
Assistant à la mise en scène : Alain Sergent
Avec : Gaël Leveugle, Laure Giappiconi, Yannick Laurent, Fatou Ba, Vincent Farasse
Musique : Yi-Ping Yang
Son : Éric Dutrievoz
Assistante de la garde-robe des comédiens : Natacha Costechareire
Lumières : Mireille Dutrievoz
Régie : Guillaume Jouet
Construction des décors : Louxor
Photographe : Johann Trompat
Théâtre Les Ateliers • 5, rue du Petit-David • Lyon
04 78 37 46 30 | télécopie : 04 72 41 93 02
contact@theatrelesateliers-lyon.com
www.theatrelesateliers-lyon.com
Du 13 au 30 novembre 2007 à 19 h 30, 20 h 30 et 16 h 30 le dimanche
Réservations et ventes au 04 78 37 46 30 ou à l’accueil du Théâtre Les Ateliers
20 € | 18 € | 14 € | 10 €
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