Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.

Publicité

« La Vie parisienne », d’Offenbach (critique de Nicole Bourbon), à l’Opéra de Lyon

Moderne ou classique ? Voilà la question !

 

« La Vie parisienne », d’Offenbach, est remise au goût du jour par la mise en scène moderne de Laurent Pelly. Cela suffit-il à lui redonner une nouvelle jeunesse ? Poussée par la curiosité, je suis allée voir ce spectacle, dont tout Lyon parle en cette fin d’année.

 

Dès le lever de rideau, on entend des murmures surpris monter de la salle. En effet, oubliés les décors classiques, envolés les costumes d’époque ! Des personnages en jeans, baskets ou encore portant des sacs à dos traversent la scène dans une grande agitation. Un Escalator trône au centre de l’espace, voitures et fourgonnette de service occupent le plateau. Les employés de la ligne de l’Ouest arrivent portant une banderole. Le premier acte va être ainsi émaillé de références actuelles proférées par la voix de la S.N.C.F. : loi antitabac, manifestations de grévistes, fouille des voyageurs « au faciès ».

 

Laurent Pelly signe là son neuvième Offenbach en dix ans, c’est dire s’il connaît son sujet. Son délire facétieux se donne libre cours et les trouvailles abondent. Les intermèdes orchestrés par la chorégraphe Laura Scozzi sont désopilants et de la même veine actuelle : C.R.S., éboueurs, jet-setters se bercent d’illusions dans un monde de faux-semblants via des ballets complètement décalés. Les quatre décors sont époustouflants, celui du loft étant particulièrement réussi.

 

La distribution est inégale : si le baron (Laurent Naouri) et Métella (Maria Riccarda Wesseling) sont excellents, le Brésilien (Jésus Garcia) manque singulièrement d’abattage et réussit à rendre inaudible le célèbre Je suis brésilien, j’ai de l’or. La pétulante Gabrielle (Marie Devellereau) passe avec aisance de la coquine gantière à la veuve de colonel, pour terminer sur les épaules du Brésilien en couettes et jupette aux couleurs de l’équipe de foot du Brésil. Dommage que parfois la voix s’étouffe.

 

Critique du clinquant, du culte de l’argent facile, des apparences trompeuses, la pièce est toujours d’actualité. Fallait-il pour autant en rajouter ? Suffit-il de créer une employée de la S.N.C.F. mangeant des hamburgers et faisant des sudoku pour que l’intrigue colle à notre époque ? Par un effet de contraste, j’ai trouvé que les défauts habituels de l’opérette ressortaient encore davantage : intrigue pratiquement inexistante, pauvreté du livret.

 

Heureusement, dans ce genre de spectacle, reste la musique, surtout quand elle est signée Offenbach, aussi pétillante que du champagne et qui fait oublier l’indigence des paroles. Mais, là encore, la mise en scène, pour originale et inventive qu’elle soit, gomme un peu, du coup, la fougue des morceaux. À part à la fin du troisième acte, où les mouvements de la table ajoutés à celui des convives créent un tourbillon endiablé, le reste paraît un peu mou. J’ai été grandement déçue par le final, sur lequel était loin de souffler l’envolée du célèbre cancan : raccourci, sans les célèbres jupes à volants et loin de la chorégraphie habituelle, il m’a vraiment laissée sur ma faim. Finalement, le côté un peu suranné de l’opérette fait partie de son charme et à trop vouloir l’actualiser, on perd, me semble-t-il, ce qui fait son essence. 

 

Nicole Bourbon
Les Trois Coups

La Vie parisienne, d’Offenbach

Direction musicale : Sébastien Rouland

Mise en scène et costumes : Laurent Pelly

Adaptation des dialogues et dramaturgie : Agathe Mélinand

Décors : Chantal Thomas

Collaboration aux costumes : Jean-Jacques Delmotte

Lumières : Joël Adam

Chorégraphie : Laura Scozzi

Orchestre et chœurs de l’Opéra de Lyon

Avec : Marc Callahan, Jean-Sébastien Bou, Maria Riccarda Wesseling, Laurent Naouri, Michelle Canniccioni, Marie Devellereau, Jean-Paul Fouchécourt, Jesus Garcia, Christophe Mortagne, Brigitte Hool

Opéra de Lyon • 1, place de la Comédie • 69001 Lyon

www.opera-lyon.com

Réservations : 0 826 305 325

31 décembre 2007 à 19 h 30 et 2 janvier 2008 16 h

De 5 € à 85 €

Durée : 3 heures

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article