Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par LES TROIS COUPS
Un spectacle agréable
Par Patricia Lavigne
Les Trois Coups.com
« Le rire libère de la peur. Tout obscurantisme, tout système de dictature est fondé sur la peur. Alors, rions ! » Ces mots de Dario Fo illustrent parfaitement son théâtre, où l’humour et la fantaisie représentent la meilleure arme contre l’oppression et les carcans de toute sorte. Une arme qui rend ses œuvres insensibles au passage du temps, comme ces « Récits de femmes », écrits il y a plus de vingt ans alors que les Italiennes luttaient pour le droit au divorce et à l’avortement.
Cette fantaisie, Didier Bezace l’a joliment servie dans son adaptation de la Maman bohême et de Médée. Que ce soit par le jeu sur les oppositions (l’austérité de l’église et la pétulance bariolée de l’héroïne), les multiples trouvailles (dont je préfère vous laisser la surprise) ou la vivacité du jeu d’Ariane Ascaride, la mise en scène exploite au mieux le potentiel drolatique des textes. Ajoutez à cela une rigueur et une exigence évidentes, et vous obtiendrez objectivement un spectacle de qualité.
« Maman bohême » | © Brigitte Enguérand
Et pourtant, force m’est d’avouer que, en dépit de nombreux rires, j’ai éprouvé une déception grandissante à mesure que se déroulait la pièce. Car je n’ai pas retrouvé dans les personnages interprétés par Ariane Ascaride la profondeur et la subtilité qui se cachent derrière l’apparente légèreté de ceux de Dario Fo et Franca Rame. Rebelles, vives, énergiques, la Maman bohême et la Médée de Didier Bezace m’ont peu à peu lassée par leur uniformité, leur côté brut de forme, sans épaisseur ni nuances.
Alors, oui, le spectacle était agréable, amusant, et je suis sûre qu’une grande partie du public a passé une bonne soirée. Néanmoins, je suis sortie frustrée, avec le sentiment qu’en devenant un but, et non plus une arme, le rire avait perdu une part de sa force théâtrale. ¶
Patricia Lavigne
La Maman bohême, suivi de Médée, de Dario Fo et Franca Rame
Prologue : Didier Bezace
Traduction : Valeria Tasca
Montage des textes et mise en scène : Didier Bezace
Assistante à la mise en scène : Dyssia Loubatière
Collaboration artistique : Laurent Caillon
Avec : Ariane Ascaride, Gérald Cesbron
Scénographie : Jean Haas
Création lumière : Dominique Fortin
Création costumes : Cidalia da Costa, Élisabeth Cerquiera
Création maquillages, perruques et coiffures : Catherine Saint-Sever
Décors : Atelier François-Devineau
Théâtre de la Croix-Rousse • place Joannès-Ambre • 69317 Lyon cedex 04
Réservations : 04 72 07 49 49
Du 11 au 22 décembre 2007 à 20 h 30
Lundi,mercredi, jeudi à 19 h 30, samedi 15 décembre à 16 heures
Durée : 1 h 15
25 € | 20 € | 17 €
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