Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par Les Trois Coups
Partant d’un fait-divers qui a défrayé la chronique dans l’Espagne des années 1930, une troupe de forains raconte, à sa façon, l’histoire extraordinaire d’Aurora Rodriguez et de sa fille Hildegart…
Arrabal le provocateur a créé ce texte riche d’interprétations. Interprétation politique, sociologique, psychanalytique, artistique (mise en abyme du théâtre et de l’histoire qui nous est contée), etc. Ce qui fait que je me suis un peu perdu en route : qui trop embrasse mal étreint !
Par contrecoup, peut-être parce qu’ils ressentent la lourdeur du sujet, la plupart des comédiens s’agitent beaucoup pour rendre le spectacle dynamique.
D’autre part, était-il nécessaire que Robert Parson se promène en string pour qu’on ressente l’humiliation de Lénica ? Était-il indispensable qu’Élisabeth Lenormand se déshabille devant nous, pour se changer ? Ce sentiment de gratuité m’a gêné, mais pas autant que les longueurs.
Quant au sujet lui-même, on peut préférer la « version » que Max Ophuls avait réalisée avec Lola Montès.
Néanmoins, la mise en scène de Gérard Gelas est intelligente, les décors bien adaptés, et les acteurs font plutôt bien ce qu’ils ont à faire. Catherine Bégin est impressionnante de douleur, de rage et de résignation mêlées. Élisabeth Lenormand et Robert Parson m’ont touché par leur jeu sensible. ¶
Une pucelle pour un gorille, de Fernando Arrabal
Mise en scène : Gérard Gelas
Avec : Catherine Bégin, Jean-Marc Lavergne, Sylvie Legault, Élisabeth Lenormand, Pierre Lessard, Richard Niquette et Robert Parson
Décor, costumes : Philippe Graitson
Lumières : Jean-Louis Cannaud
Théâtre du Chêne-Noir • 8 bis rue Sainte-Catherine • Avignon
Du 11 juillet au 31 juillet (relâche le 20 juillet) à 18 h 30 (samedis à 21 h 30 uniquement)
Durée : 1 h 45
100 F et 70 F
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