Le journal quotidien du spectacle vivant en France. Critiques, annonces, portraits, entretiens, Off et Festival d’Avignon depuis 1991 ! Siège à Avignon, Vaucluse, P.A.C.A.
Par Les Trois Coups
Des textes sublimes
Par Vincent Cambier
Les Trois Coups.com
Bernard Lavilliers a chanté son ami Ferré. Il ne fera que dix concerts au total, car, dit-il, « je ne me ferai pas de l’argent sur le cercueil de Léo ». Dont acte. L’Opéra-Théâtre d’Avignon faisait partie des élus ce vendredi 6 octobre 2006.
Bien sûr, j’ai reconnu tout de suite les textes sublimes de Léo Ferré. Cette façon extraordinaire qu’avait le poète de faire des enfants magnifiques à la langue française. Tout en sachant que, pour le rebelle à la crinière d’argent, la musique en est indissociable, car « la langue ne prend son sexe qu’avec la corde vocale ».
Que ce soit les Poètes, la Bohème, la Mélancolie (ce « désespoir qu’a pas les moyens », Thank you Satan, C’est extra, Monsieur William, l’Affiche rouge, Avec le temps, Ostende, Merde à Vauban… (toutes reprises par Lavilliers pendant le concert avec des réussites diverses), nous savons immédiatement que nous avons affaire à un grand, à un très grand de la chanson française. Pour qui a une intelligence et une sensibilité un peu raffinées, c’est une évidence.
Maintenant, Lavilliers est-il à la hauteur de ce niveau quasi insurpassable ? Oui et non. Sur le plan du respect du travail de Léo, il s’en tire très bien, même si j’estime son jeu de scène parfois empreint d’un peu de cabotinage. Sur le plan de l’émotion pure, je trouve son interprétation un peu en deça. J’ai eu l’impression d’un grand professionnel qui « assurait » de manière irréprochable, mais qu’il manquait quelque chose. Un supplément d’âme, peut-être… ¶
Vincent Cambier
Lavilliers chante Ferré, de Léo Ferré
Opéra-Théâtre d’Avignon et des Pays de Vaucluse
place de l’Horloge • B.P. 111 • 84007 Avignon cedex 1
04 90 82 81 40
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