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Par LES TROIS COUPS
Sourire les larmes aux yeux
Du 16 mai au 8 juin 2008, le Théâtre de l’Épée-de-Bois accueille à la Cartoucherie le premier festival Diva, grande exposition musicale : une vingtaine de comédies musicales et de cabarets, deux représentations par soir. Si tous les spectacles sélectionnés sont de qualité artistique égale à celle du « Cabaret Terezin », cela vaut sans doute la peine de suivre l’évènement de plus près.
À travers des chansons et des lectures, les trois interprètes et le pianiste nous introduisent peu à peu dans l’univers sombre et douloureux du camp de concentration de Terezin. Des poèmes et des carnets inédits des prisonniers, ainsi que des chansons d’Ilse Weber et Léo Strauss (choisis avec soin et adaptés par Boris Bergman et Josette Milgram) forment peu à peu l’histoire individuelle d’un des déportés. Celui qui, comme 140 000 personnes entre 1942 et 1945, passa par Theresienstadt avant d’être déporté – comme la plupart d’entre eux – au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.
Les artistes dessinent devant nos yeux l’histoire du camp, notamment le développement – en dépit des effroyables conditions de vie et de la menace constante de la déportation – de la vie culturelle et artistique. Cet aspect de la résistance sera exploité par les nazis afin de fausser et embellir l’image du camp durant la honteuse visite de la Croix-Rouge, dont la délégation s’est laissé mystifier. Sans avoir entendu les messages camouflés des prisonniers. Ce sont ces artistes résistants « du paradis fabriqué pour les juifs », les étoiles jaunes sur les vestes et les sourires sur les lèvres remplis d’ironie, qui apparaissent devant nous ce soir-là.
Ce spectacle offre une très bonne interprétation, sur une scène nue, dépourvue de tout ornement. Un seul accessoire : une vieille valise marron sans propriétaire. Juste les voix et les corps, qui apportent leurs témoignages et nous accompagnent tout au long du spectacle. On y assiste à un récit amer, qui nous émeut profondément par le biais de l’ironie et de la satire. Qui rouvre les blessures et qui ne permet pas d’oublier cette part honteuse de l’histoire de l’humanité.
« Cabaret Terezin… seules leurs chansons ont survécu ! » Le désir de vivre et l’humour qui se détachent de ces paroles nous font sourire, les larmes aux yeux. Un moment trop court peut-être – comme l’apparition d’un remords de la conscience collective –, car on aurait souhaité comprendre encore mieux comment on peut lutter avec le rire contre le désespoir. ¶
Maja Saraczyńska
Les Trois Coups
Cabaret Terezin, chansons et satires écrites à Theresienstadt
Création
Traversée | Musiques en festivals, association d’artistes de la scène musicale parisienne • 64, rue Lamarck • 75018 Paris
06 64 23 75 57 | 06 27 28 31 61
Musiques : Sergueï Dreznin
Adaptation des chansons d’Ilse Weber et Léo Strauss : Boris Bergman
Adaptation des monologues : Josette Milgram
Interprétation : Isabelle Georges, Olivier Ruidavet, David Krüger
Théâtre de l’Épée-de-Bois • Cartoucherie • route du Champ-de-Manœuvre • 75012 Paris
Métro : Château-de-Vincennes, puis navette ou bus 112
Réservations : 01 48 38 39 74
Dimanche 18 mai 2008 à 16 heures et lundi 19 mai 2008 à 21 heures
Durée : 1 heures
18 € | 13 € | 9 €
Diva, grande exposition musicale, du 16 mai au 8 juin 2008
Diva propose chaque jour deux spectacles, à 19 heures et 21 heures ; les dimanches à 16 heures et 20 heures ; relâche mardi
Pass Diva : 30 € | 20 € (pour 2 spectacles) et 55 € | 45 € (pour 5 spectacles)
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